| Autriche. L'Autriche reforme un gouvernement de coalition |
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Après deux années de blocage, les
Autrichiens ne supportaient plus la coalition des sociaux-démocrates et des conservateurs,
mais la crise financière conduit ces deux partis à travailler à nouveau
ensemble.
Les élections anticipées du 28 septembre étaient-elles bien nécessaires ? Au vu de l’accord de gouvernement annoncé dimanche, il est permis d’en douter. Les deux grands partis SPÖ (social-démocrate) et ÖVP (conservateur) continueront à gouverner ensemble pendant cinq ans, alors qu’ils n’ont cessé de multiplier les querelles au cours des deux dernières années. Wilhelm Molterer, ministre des finances conservateur avait prononcé un « ça suffit ! » aux accents de divorce, prétextant le virage de son partenaire sur les questions européennes. Le chancelier Alfred Gusenbauer et Werner Faymann, son successeur à la tête du parti social-démocrate, cosignaient une lettre parue dans l’influent journal anti-européen Kronen Zeitung dans laquelle ils s’engageaient à soumettre à référendum les futurs traités européens. Sur cette question épineuse, le nouvel accord fait état d’un compromis : pas de référendum contre la volonté du partenaire gouvernemental. Ce qui n’est pas du goût de Ursula Plassnik, ministre des affaires étrangères. Elle quitte son poste qu’elle aurait pu conserver.
Sèchement sanctionnés par des électeurs agacés, les deux grands partis avaient réalisé en septembre leur plus mauvais score d’après-guerre. Beaucoup d’Autrichiens ont voté pour l’extrême-droite qui totalisait presque autant de voix que les sociaux-démocrates. Arrivés en tête, ces derniers ont toutefois été normalement appelés à former le prochain gouvernement par le président Heinz Fischer. Une alliance des conservateurs avec les deux partis d’extrême-droite, possible, n’aurait été envisageable que si les négociations entre les deux grands partis traditionnels avaient échoué. Or, si le parti de Jörg Haider, décédé en octobre dans un accident de la route, ne taisait pas son envie de revenir au pouvoir, le FPÖ (parti libéral) de Heinz-Christian Strache, fort de ses 17,5 %, n’a jamais souhaité participer au gouvernement, préférant poursuivre sa collecte de voix protestataires dans l’opposition.
L’option de la grande coalition a toujours été défendue par le social-démocrate Werner Faymann, qui espère instaurer un nouveau climat de travail avec son homologue conservateur, Josef Pröll, prêt à devenir officiellement le chef de l’ÖVP vendredi. Ces deux ministres du précédent gouvernement, respectivement futurs chancelier et vice-chancelier, affichent leur volonté de travailler ensemble. Werner Faymann a mis l’accent sur la nécessité de redonner de la crédibilité à l’action gouvernementale.
Face à la crise financière, les
deux partis n’ont guère d’autre choix que de s’unir. Ils ont tous deux affirmer
la nécessité de prévenir l’augmentation du chômage. Deux paquets de relance
économique ont déjà été adoptés. Près de 3 milliards d’euros seront affectés
notamment aux investissements dans le chemin de fer, la réhabilitation de bâtiments,
écoles, universités. Une réforme fiscale aura lieu dès 2009 et portera sur 2,7
milliards d’allègement d’impôts. La bonne volonté suffira-t-elle ? Rien
n’est moins sûr. Beaucoup restent sceptiques évoquant le climat de méfiance
entre les deux partis.
Sandrine Fabre
© La Croix / 25.11.2008 |
