| Autriche. A Graz, tous les sans-abri trouvent un toit la nuit |
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Dans la deuxième ville autrichienne, de nombreux mendiants sont roms
et trouvent refuge la nuit dans une structure gérée par la Société
Saint Vincent-de-Paul
FABRE Sandrine Paru le: vendredi 02/03/2007 Dans la Herrengasse, la grande rue commerçante de Graz, le passant est sollicité tous les 100 mètres pour donner une pièce. Sans pour autant se sentir agressé. Au contraire, la plupart des mendiants sont assis, certains handicapés. Dans le centre de cette ville du sud de l'Autriche, ce sont dans leur grande majorité des Roms venus de Slovaquie, du village de Hostice, à la frontière avec la Hongrie. Ils restent deux semaines et repartent passer les deux suivantes dans leur famille, rapportant le maigre gain qu'ils ont récolté ici. En ce soir d'hiver, le centre est plein. Pas un lit n'est inoccupé. Quatre Roumains arrivent ensemble. Le visage de Gustl Eisner, qui dirige le foyer, s'illumine en les reconnaissant. En cinq ans, c'est la troisième fois qu'ils reviennent. Ouvert à partir de 18 heures, le centre se remplit rapidement. L'endroit peut recevoir une centaine de personnes, dont environ 80 hommes. Depuis l'été, le foyer accueille également une vingtaine de femmes, dans la partie arrière du bâtiment. Les hommes sont logés dans deux grands dortoirs où s'alignent des lits superposés. Tous les soirs est servi un repas chaud dans la salle à manger rénovée. « Ici c'est très bien. On dort au chaud et on peut manger », explique Stefar, qui vient tous les mois à Graz depuis 1999. Autrefois mendiant, il aide aujourd'hui à l'organisation du foyer et repart ensuite à Hostice, avec son salaire de deux semaines pour nourrir sa famille, payer l'électricité et l'eau. Près d'une cinquantaine de bénévoles aident au fonctionnement du foyer, comme Gustl Eisner, retraité, impliqué dans le projet depuis sa fondation. C'est lui qui a aménagé l'ancienne usine de bonneterie dans lequel se situe le foyer. Il reconnaît que la confiance a mis du temps à s'établir, car les Roms sont méfiants. À l'automne dernier, le débat est ravivé sur la présence de ces mendiants venus d'ailleurs. La mairie de Graz souhaitait suivre l'exemple d'une commune voisine, Fürstenfeld, en prenant un arrêté anti-mendicité. Les échanges ont été vifs entre le maire conservateur Siegfried Nagl et le P. Pucher. L'interdiction, finalement, n'a pu être votée. Mais une initiative est née en janvier, rassemblant quelques personnalités de la ville et du pays, pour déclencher au niveau européen un mouvement pour améliorer la situation des Roms. En attendant une solution, le P. Wolfgang Pucher est fier de son engagement. « À Graz, il n'y a pas de SDF sans toit la nuit. » Son défi est de poursuivre à l'échelle du pays le combat contre ce qu'il considère comme « le plus grand péché de notre temps, le péché de la distance ». © La Croix |
